Chroniques naturalistes

Pour les curieux… et les observateurs en herbe, une rubrique dédiée !

La Cistude d’Europe (Emys orbicularis) est une tortue d’eau douce noire et tachetée de points jaune vif, difficile à apercevoir. Ses fortes griffes lui permettent de se déplacer aisément dans son habitat aquatique, mais également sur terre notamment lors de la période de ponte où elle peut être croisée au détour d’un sentier. Mesurant rarement plus de 20 centimètres, elle peut tout de même être visible à partir du mois de mars, période au cours de laquelle elle commence à prendre de longs bains de soleil pour augmenter sa température corporelle.

© Laura Albigès – PNR Sainte-Baume

Ce reptile, strictement protégé par la directive Habitats – Faune – Flore Natura 2000 et la convention de Berne en France et en Europe, affectionne particulièrement les zones humides comme les eaux stagnantes, les mares forestières, les cours d’eau et les rivières. Seulement deux noyaux de populations sont connus en région Provence-Alpes-Côte d’Azur : en Camargue et dans le massif des Maures et de l’Estérel, mais le territoire du Parc naturel régional de la Sainte-Baume héberge quelques rares petites populations isolées.

Vulnérable et considérée comme étant l’une des espèces de reptiles les plus menacées d’Europe, la Cistude d’Europe doit faire face au changement climatique ainsi qu’aux nombreuses menaces anthropiques qui pèsent sur la préservation des zones humides, et c’est dans une optique de préservation de l’espèce que le Parc a entamé cette année une étude dans le cadre de Natura 2000 sur cette espèce peu commune. 

Le Faucon pèlerin (Falco peregrinus) est un rapace emblématique de la famille des Falconidés. C’est le plus grand Faucon en France et aussi l’animal le plus rapide du monde : il peut atteindre selon certaines études plus de 300 km/h en piqué ! Sa technique de chasse est spectaculaire, il fond à toute vitesse, les serres en avant, sur ses proies (uniquement des oiseaux). La puissance du choc peut parfois tuer sur le coup la proie…

Après une longue absence selon les personnes locales, cela fait deux ans que trois couples sont présents pour leur période de reproduction sur le territoire du Parc naturel régional de la Sainte-Baume. Une excellente nouvelle pour l’espèce, qui a bien failli disparaitre dans les années 70 en France.

© Jean-Claude Tempier – CEN PACA

Pour assurer la tranquillité des couples durant leur phase de nidification, le Parc travaille en concertation avec les fédérations d’escalades pour assurer une conciliation des usages et une protection de cette espèce protégée.
Plus d’informations sur le site internet Natura 2000 http://sainte-baume.n2000.fr/

Le Grand-Duc d’Europe (Bubo bubo en latin) est le plus grand rapace nocturne d’Europe. Son envergure va de 150 à 188 cm et le mâle pèse jusqu’à 3 kg ! On le reconnait facilement à sa grande taille, ses yeux rouges-oranges et ses deux petites aigrettes noirs au-dessus des yeux (souvent prises à tort pour des oreilles).  Dès le mois d’octobre, les mâles recommencent à chanter pour signaler leur présence aux autres mâles, ce sont des chants territoriaux. Plus tard dans l’hiver, les mâles continueront de chanter mais cette fois-ci pour s’attirer les charmes des femelles, ce sont des chants nuptiaux.

© Jean-Claude Tempier – CEN PACA

Pour entendre ces Hoo-Hoo, placez-vous à l’orée d’une forêt ou sur un point haut au crépuscule et tendez l’oreille ! Plus d’infos sur cet oiseau mythique de la nuit sur : http://rapaces.lpo.fr/grand-duc/grand-duc-deurope

© Cédric Roy – CEN PACA

Une nouvelle espèce patrimoniale* pour la Sainte-Baume a été découverte par Cédric Roy (CEN PACA) dans le cadre des inventaires réalisés pour l’Atlas de biodiversité intercommunale de La Celle et La Roquebrussanne. Il est à noter qu’il s’agit également de la première mention de cette espèce pour le Var.

Mais de qui parle-t-on ? D’un petit escargot de 2mm de long, répondant au doux nom de Vertigo angustior, une espèce menacée et protégée par la directive Habitat-Faune-Flore (Natura 2000).

Suite à cette découverte, on peut supposer retrouver cette espèce dans les prairies humides, les bas-marais, les phragmitaies (plus communément nommées « roselières ») du Parc naturel régional de la Sainte-Baume. Naturalistes, à vos loupes !

* espèce protégée, menacée, rare ou ayant un intérêt scientifique ou symbolique

Sternbergia colchiciflora est une petite fleur de la famille des Narcisses ou des Amaryllis. Bien que ses feuilles caractéristiques apparaissent au début du printemps, elle ne fleurit qu’à l’automne… et pas chaque année.

© Thierry Darmuzey – PNR Sainte-Baume

Cette plante méditerranéenne a été découverte en France en 1933 par l’illustre botaniste Josias Braun-Blanquet. Mais, peut-être à cause de sa grande discrétion, elle n’était encore connue récemment que par trois petites populations de quelques dizaines de pieds chacune dans une seule commune de l’Hérault.

En 2013, M. Bernard REBAUDO découvre une station sur le territoire du Parc à Plan d’Aups Sainte-Baume. Suite à cette découverte, Jean-Paul DAUPHIN et Henri MICHAUD du Conservatoire botanique méditerranéen découvrent une deuxième station de cette plante rare à plus de deux kilomètres et, en 2017, Jean-Claude TEMPIER du CEN PACA offre la première mention des Bouches-du-Rhône de cette espèce et la troisième population du Parc à Gémenos. Juste à temps pour le remarquable « Atlas de la flore remarquable des Bouches-du-Rhône ».

Pour le commun des mortels, un arbre mort est bien quelque chose d’inutile, de triste ou de dangereux même. Autrefois on enseignait aux forestiers à éliminer les arbres morts ou dépérissant. Puis la science a permis de mieux comprendre le rôle écologique du bois mort dans le fonctionnement d’une forêt. Celle-ci paraît immobile et pourtant elle est le théâtre d’une intense activité biologique entre le sol et les plantes dont les arbres font partie. Le bois mort est un élément essentiel de la phase de recyclage dans les écosystèmes forestiers.

D’abord colonisé par moisissures et champignons ‒ qui se chargeront de digérer sa cellulose ‒, le bois mort est ensuite pris d’assaut par une ribambelle d’insectes xylophages. Plus en hauteur, les pics commenceront leur travail de martèlement, se nourrissant çà et là des larves, myriapodes et scolytes qui grouillent sous l’écorce. Les loges qu’ils créeront pour élever leur famille serviront plus tard aux chauves-souris arboricoles pour s’y blottir ou aux oiseaux cavernicoles pour y faire leurs nids ou y dormir. Une fois au sol, les décomposeurs finiront l’exercice commencé et ce seront larves de Rosalie des Alpes ou de Lucanes qui se mettront à l’œuvre.

L’arbre mort offre donc gîte et couvert à une foule d’êtres vivants, vitaux pour l’équilibre d’une forêt. Il n’est donc pas « une perte », mais au contraire un formidable garde-manger pour espèces forestières dont beaucoup sont menacées de disparition… C’est le cas en Sainte-Baume de l’Osmoderme ou Pique-prune et du Taupin violacé, très rares, dont les larves se développent dans les cavités d’arbres creux.

La gestion de ces arbres, fragiles et cassants, donc menaçants, fait l’objet d’une attention particulière de l’ONF et du Parc autour des sentiers de la réserve biologique de Plan d’Aups. Les arbres abattus ou élagués pour la sécurité des visiteurs sont auscultés dans leur capacité à profiter à ces espèces. C’est pourquoi vous trouvez de nombreux arbres « fantômes » ou morts laissés au sol. Mais comme le risque 0 n’existe pas en espace naturels soyez prudents et vigilants lors de vos balades dans la réserve pendant ou après un épisode de vent !

Limodore à feuilles avortées, Céphalanthère à feuilles étroites, Orchis pourpre, Ophrys bécasse, toutes ces fleurs aux formes et couleurs si différentes font partie d’une même famille : les orchidées sauvages. Une de leurs particularités est leur symbiose avec un champignon. Elles ont besoin de ce champignon, indispensable pour fournir les nutriments du sol aux graines dépourvues de réserves et permettre leur germination. C’est pour cette raison que les orchidées sont si sensibles à la pollution. Le printemps est le bon moment pour les observer.

Pour partager vos photos avec la communauté naturaliste, un site www.orchisauvage.fr et une application NaturaList.

Vous avez raté sa diffusion l’année dernière lors de la nuit de la chauve-souris, organisée dans le cadre de Natura 2000. Aujourd’hui, découvrez l’intimité d’une espèce en particulier, le Grand Rinolophe, en regardant le magnifique film réalisé par Tanguy Stoecklé et le Groupe Chiroptères de Provence. Le cinéaste a mis le film, en libre accès : https://www.youtube.com/watch?v=tNpSfanm1io&t=2s
Ces petits mammifères volants souffrent d’une terrible réputation. Pourtant ce sont des êtres-vivants fascinants et au rôle écologique essentiel ! Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les chauves-souris françaises ne sont pas dangereuses ! Le coronavirus responsable du Covid-19 chez les humains n’est pas présent chez les chauves-souris en France comme les coronavirus présents chez les humains ne sont pas transmissibles aux chauves-souris. Grandes consommatrices d’insectes, les chauves-souris peuvent consommer en une nuit près de la moitié de leur poids en mouches, moustiques, etc. Un insecticide naturel des plus efficaces…

Pour démêler le vrai du faux, rendez-vous sur https://www.sfepm.org/presentation-des-chauves-souris.html https://www.sfepm.org/…/files/inline-files/plaquettegp_0.pdf

Dans le cadre de l’animation du site Natura 2000 Massif de la Sainte-Baume, plusieurs études sont en cours cette année, dont une étude sur les chauves-souris. Initialement débutée en 2019, cette étude consiste en la recherche de gîte de reproduction de Barbastelle d’Europe et de Murin de Beschtein. Ces deux espèces sont connues pour être forestières (chassent en forêt) et arboricoles (gîtent dans des arbres pour la mise bas et l’élevage des jeunes). Ces deux espèces, rares et d’intérêt communautaires, représentent de forts enjeux de conservation sur el site Natura 2000, d’où la nécessité de mieux les connaitre.

Pour les étudier, le Parc a fait appel au bureau d’étude GéoEco, entreprise spécialisée dans l’étude des chauves-souris. Roland Jamaut, créateur de GéoEco, utilise pour cela une panoplie de matériel : détecteurs d’ultrasons, filet de capture, sonde GPS et même une caméra infra-rouge. Les sites d’études sont sur le versant nord de la montagne de la Sainte-Baume, plus frais et forestier que le versant sud et donc plus favorable à ces deux espèces (La Toulonnette, la réserve biologique de la Sainte-Baume, l’ENS du Petit Saint-Cassien, l’ENS de la Glacière de Gaudin). Les résultats de cette étude seront bientôt présentée sur le site internet Natura 2000 Sainte-Baume, qui permettront au Parc de mieux protéger ces espèces sensibles à l’exploitation forestière. »

Un Oreillard gris, attrapé dans un filet japonais lors de la capture de Barbastelles et de Murins (non capturés), en train d’être manipulé pour effectuer des mesures de son poids, longueur de ses ailes et de ses doigts. © Gaëtan Ayache PNR Sainte-Baume

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Henri Michaud du Conservatoire Botanique National Méditerranéen de Porquerolles (CBNM) et Yves Morvant, Président de l’Association « Les Amis du CBNMed » ont découvert deux nouvelles espèces sur la commune :

  • Ervilia loiseleurii (M. Bieberstein) H. Schaefer, Coulot & Rabaute – FABACEES

La Vesce de Loiseleur est une plante cryptique difficile à voir vu sa petite taille et son habitat de pelouses en herbes, situé à la lisière de bois et parfois en sous-bois. Cette espèce signalée par un botaniste amateur de Marseille en mai 2021 a été confirmée sur les bords d’un sentier aux Béguines début juin. Entre 50 et 100 pieds de cette espèce ont été dénombrés à ce jour.

  • Cotoneaster nebrodensis Guss – ROSACEES

Le Cotonéaster de l’Atlas est un arbuste de 2 à 3m de haut, localisé sur les corniches rocheuses calcaires. Connu sur la Sainte-Victoire et le Mont Aurélien, il n’avait jamais été observé sur le massif de la Sainte-Baume. Une dizaine de pieds ont été observés en fleurs au Bau des Béguines début juin 2021.

Une autre plante signalée il y a très longtemps, l’Aristolochia pallida, Aristoloche pâle, a été confirmée dans les sous-bois des Béguines. Ces observations ont de quoi réjouir les naturalistes.

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