Soutien au pastoralisme et cohabitation avec les chiens de protection

© David SANGUINETTI

L’intérêt du pastoralisme pour le territoire

Le pastoralisme est une pratique ancestrale consistant à conduire un troupeau de vaches, brebis ou chèvres à travers certains types de milieu naturel pour que celles-ci puissent se nourrir. Certains troupeaux sont présents toute l’année en Sainte-Baume alors que d’autres, originaires des Alpes, fuient la neige et viennent chercher sur le massif une herbe plus abondante lors d’une transhumance hivernale.

Le pastoralisme est une pratique durable qui a modelé les paysages provençaux, en limitant la fermeture des milieux ouverts et le risque incendie et en assurant la survie de plusieurs espèces dépendantes de ces milieux. Cependant, la modification des pratiques agricoles et l’artificialisation ont conduit à une diminution importante de cette méthode d’élevage. Pour assurer son maintien, le Parc naturel régional de la Sainte-Baume, le CERPAM, l’ONF et les communes du Parc accompagnent les éleveurs et les bergers dans leur recherche de financements, de zones de pâturage ou la mise en place d’équipements pastoraux.

Des mesures agro-environnementales et climatiques (MAEC) pour accompagner les pratiques des éleveurs

Alors que le Parc intervenait précédemment en tant que partenaire du CERPAM pour l’engagement des MAEC, c’est en tant qu’opérateur PAEC qu’il intervient depuis la nouvelle programmation de la PAC (2023-2027). Cette évolution a permis la poursuite des mesures de maintien de l’ouverture des milieux et de soutien au pastoralisme qui étaient engagées jusque-là mais aussi la mise en place de nouvelles mesures de préservation d’espèces protégées (Cistude d’Europe à Mazaugues).

Le territoire de ce nouveau PAEC « Massif de la Sainte-Baume » a été en grande partie calqué sur le périmètre du site Natura 2000 animé par le Parc et a pour principaux objectifs :
– Un suivi plus fréquent de l’impact du travail des éleveurs sur le milieu naturel, pour assurer une bonne prise en compte des recommandations environnementales et un meilleur accompagnement dans l’évolution des pratiques.
– Une meilleure intégration des périodes sensibles pour la faune et la flore à enjeux dans les plans de gestion écopastoraux élaborés.
– Une adaptation des milieux naturels aux pratiques de garde des troupeaux, pour rouvrir de nouveaux parcours pastoraux et limiter la sensibilité des troupeaux à la prédation.

Pour ces premières campagnes, ce sont six exploitations d’élevage qui ont contractualisé des MAEC, que ce soit pour le maintien des milieux ouverts ou la défense de la forêt contre les incendies.

Des actions autour des chiens de protection

Le retour durable du loup sur le territoire du Parc de la Sainte-Baume demande des adaptations au monde de l’élevage pour éviter une prédation trop importante sur les troupeaux. Le moyen de protection le plus répandu aujourd’hui est le chien de protection, qui, s’il s’avère généralement assez efficace, peut occasionner des conflits d’usages avec les autres pratiquants d’activités de pleine nature. L’analyse de ces expériences négatives montre que la population a souvent de mauvais réflexes face à ces nouveaux chiens, qui peuvent aller jusqu’à les rendre plus agressifs.

Conscient des problématiques de partage de l’espace, le CERPAM et la DDTM83 ont d’ailleurs conduit en 2021 sur plusieurs territoires pilotes, dont la Sainte-Baume, une enquête sur les interactions entre usagers des espaces naturels et chiens de protection des troupeaux. Nous vous invitons à en découvrir les résultats dans cette synthèse.

Afin de transmettre les bons comportements à adopter et favoriser ainsi la cohabitation entre les chiens de protection et les activités de pleine nature, le Parc a souhaité mettre en place des ateliers de sensibilisation répartis sur le territoire. Lors de ces ateliers, les éleveurs locaux sont systématiquement mobilisés et partagent leurs expériences et méthodes de travail avec ce type de chien. En complément, les services de l’Etat et les acteurs du pastoralisme apportent des informations variées sur le sujet. Ces ateliers permettent aussi de recréer du dialogue entre les éleveurs et les habitants, surtout dans le cas où des relations pouvaient s’être détériorées à cause de ces conflits.

 

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